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Son nom ne vous est pas inconnu, Brenda Chapman est la scénariste et était la première réalisatrice de Rebelle, avant d’être remplacée par Mark Andrews.

Nous venons d’apprendre que Brenda Chapman a quitté Pixar cet été et se trouve désormais employée chez Lucasfilm sur un nouveau projet. La raison de son départ est assez simple : lui avoir retiré son projet, qui était très personnel, l’a dévastée.

Pour le New York Times, elle a publié un essai que nous vous avons traduit.

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Ne pas se laisser faire et guider autrui

Comment pouvons-nous faire pour qu’il y ait plus de femmes en position de force à Hollywood ? Des idées ?…Quelqu’un ? Un ange passé.

Je présume que l’envers de la question serait de trouver le moyen de faire renoncer le cercle masculin d’Hollywood à quelques uns de leurs fauteuils au profit des dames ? D’accord, d’accord ! Je sais – arrêtez de rire maintenant.

Peut-être qu’il nous faut simplement confectionner nos propres fauteuils. Je préfère cette approche là, car c’est la seule qui me semble viable. Mais par où donc commencer ?

Le “mentoring” est un bon point de depart. Nous devons aider les jeunes cinéastes et étudiants en cinéma à acquérir l’expérience dont ils ont besoin pour faire passer leur travail sur les écrans. Nous pouvons leur donner le coup de pouce dont nous, les femmes moins jeunes, (hum !) n’avons pas bénéficié. Laissez-les apprendre de nos erreurs; il ne faudrait pas dissimuler les tribulations que nous avons endurées par peur de paraître ridicule.

Celles d’entre nous qui ne sont pas tombées doivent continuer à rester debout pour inspirer. Les femmes de ma génération et celles plus âgées sont les seules figures que les jeunes cinéastes actuels peuvent tenir en estime. Je donne un exemple personnel : mon parcours ces 18 derniers mois a été un crève-cœur. Lorsque Pixar m’a retiré de “Rebelle”, une histoire qui venait de mon cœur, qui s’inspirait de la relation que j’ai avec ma fille, c’était bouleversant.

Pour que mon nom reste attaché à “Rebelle”, j’ai fait preuve de persévérance et suis restée fidèle à mes principes.

Les réalisateurs de films d’animation ne sont pas à l’abri comme les réalisateurs de films en prise de vue réelle, qui ont le “Directors Guild” (ndlr : un syndicat pour les réalisateurs) pour lutter en leur nom. Nous, on nous remplace régulièrement, et ça, ça me posait un vrai problème. Il s’agissait d’une histoire que j’avais créée, dont l’origine était très personnelle en tant que femme et en tant que mère. Me la voir retirée et confiée à quelqu’un d’autre, un homme qui plus est, était sincèrement pénible à tellement plus d’un titre. Mais au final, ma vision a transparu dans le film. L’histoire n’aurait tout simplement pas fonctionné sans (et n’a pas fonctionné à un moment), et je le savais tout au fond de moi. J’ai donc gardé la tête haute, suis resté fidèle à mes principes, et ai reçu le soutien de femmes fortes (et d’hommes !). Au final, tout s’est arrangé et je suis très fière du film, et du fait que je ne me suis, en fin de compte, pas laissée faire, à l’instar de Merida, la protagoniste dans “Rebelle”.

Il arrive parfois que des femmes expriment une idée et soient tournées en ridicule, pour voir tout bonnement un homme exprimer en gros la même idée et la voir largement épousée. Jusqu’à ce qu’il y ait un nombre suffisant de femmes haut placées dans des fonctions de dirigeants, cela continuera à se produire.

Voilà simplement une anecdote parmi quelques unes que je pouvais partager. Je sais qu’il y en a tellement plus pour prouver que nous pouvons gravir cette chaîne alimentaire. Mais nous devons faire preuve de persévérance.

Guider. Inspirer. Avancer ensemble. Voilà le mieux que je puisse trouver.

Brenda Chapman.

Vous pouvez relire notre interview que nous avons effectué en Janvier 2012.

 

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