amazon pixar

 

Nous avons eu l’occasion d’interviewer John Vignocchi, le responsable du développement du jeu vidéo Disney Infinity.
 

pixar disney infinity John Vignocchi
John Vignocchi (Source photo).

 

INTERVIEW

 

Comment vous est venue l’idée de faire un jeu vidéo mélangeant à la fois l’univers Disney/Pixar, l’aventure et la construction façon “Minecraft” ?
 

L’idée de Disney Infinity a initialement germé il y a environ trois ans lorsque nous finissions de travailler sur Toy Story 3. Nous avons crée un jeu au sein de ce jeu intitulé “Western Town” où il était possible d’incarner Buzz, Woody, Jessie dans la peau du shériff. Lorsque le jeu est sorti, cela constituait une partie conséquente et très appréciée du jeu, qui a été très bien accueillie par tout le monde.

pixar disney infinity

En conséquence, une équipe est restée focalisée sur cette idée, la mûrissant pendant qu’elle travaillait sur un autre jeu intitulé Star Command. Nous voulions en faire quelque chose de très grand et le mettre en ligne, nous avons donc crée un hall où les joueurs pouvaient se retrouver avant d’entrer dans Star Command. Au sein de ce hall, nous avions un nombre de jouets virtuels comme une main collante et des hélicoptères, ce qui occupait les joueurs pendant qu’ils attendaient l’arrivée d’autres joueurs. Nous avons constaté que les enfants restaient dans cette section et s’amusaient à jouer dans le monde virtuel du coffre à jouets. Nous avons commencé à penser qu’il avait matière à creuser. Nous avons commencé à nous pencher sur l’idée de créer un jeu où l’on “construit un monde”. Nous sommes allés plus loin dans la démarche, et les joueurs pouvaient non seulement construire leur propre monde virtuel, mais aussi créer leur propre jeu, ce qui est incroyablement fort. Ce fut la naissance de Disney Infinity, et la raison pour laquelle nous avons décidé de concevoir l’élément “Minecraft” où les joueurs peuvent construire leur propre monde.
 

Le public visé est surtout les jeunes enfants. Pensez-vous attirer aussi les gamers plus âgés ? Comment allez-vous faire pour les séduire ?
 

Lorsque vous voyez le jeu, celui-ci parle de lui-même. Nous étions au GDC [Game Developers Conference] il y a quelques semaines, et il y avait beaucoup de journalistes qui voulaient voir le jeu et le tester, et ils étaient réellement impressionnés par la qualité du jeu.

Les gens penseront peut-être au départ qu’il s’agit d’un jeu pour enfants, mais ce n’en est absolument pas un : le jeu a vraiment de quoi plaire à toute la famille. Nous avons constaté que les parents étaient vraiment impatients de jouer à Disney Infinity avec leurs enfants, et cela montre bien la puissance du jeu. Les adultes connaissent très bien les IP Disney. Si nous prenons un exemple tel que Les Indestructibles, celui-ci a plus de dix ans, mais nous connaissons parfaitement cet IP et les enfants aussi le connaissent parfaitement. Pouvoir l’intégrer à un jeu et y jouer ensemble, entre père et fils ou en famille, c’est vraiment sympa.

En temps normal, lorsque les adultes jouent à un jeu pour enfants, celui-ci peut s’avérer un peu facile et donc pas très amusant, mais Disney Infinityest un jeu destiné aux gamers adultes qui joueront avec leurs enfants.
 

Il y aura deux modes de jeu dont le fameux mode “Toy Box”. Pouvez-vous nous en dire plus ?
 

L’idée avec le mode “Toy Box” était que nous voulions créer un moyen pour que les gens puissent créer leur propre monde virtuel, et ce sans limites.

Bon nombre d’entre vous ont vus des clips d’un coffre à jouets, mais il importe de se rappeler que le Coffre à jouets préétabli n’existe pas. Seules votre imagination et votre créativité constituent les limites. Désirez-vous ainsi créer un monde qui soit moitié-Raiponce, moitié-Tron ? Vous pouvez le faire. Désirez-vous créer un monde qui soit thématisé à l’instar de Sugar Rush des Mondes de Ralph avec un circuit automobile ? Vous pouvez le faire. Disney Infinity vous donne cette possibilité de créer vos propres jeux.

Lorsqu’ils testaient le jeu, certains de nos techniciens en assurance qualité ont pu créer des éléments tels que Gauntlet (utiliser ce pouvoir pour ajuster la caméra), Spyhunter, et mon préféré OffRoad. Un technicien en assurance-qualité a réalisé une vidéo accélérée où il l’a terminé en 5 heures. C’est ça, d’après moi, qui est vraiment super : vous construisez non seulement vos propres mondes mais aussi vos propres jeux, et je pense qu’enfants et adultes pourront beaucoup s’amuser.
 


 

Sur quels critères vous êtes-vous basés pour choisir les films apparaissant dans le jeu ? 

Une multitude d’éléments ont influé sur notre décision. Si l’on prend Monstres Academy, c’était là une belle opportunité synergique chez Disney. C’est un facteur clé, Disney Infinity est une plateforme sur laquelle tout ce qui est signé Disney peut exister, qu’il s’agisse de films d’animation, de films en prises de vue réelles, de Disney Channel, ESPN, la liste ne cesse de s’allonger. C’était une formidable occasion de faire la part belle à Monstres.
 

pixar disney infinity

 

Pour ce qui est de Les Indestructibles, comme je l’ai dit plus haut, c’est une marque très appréciée même 10 ans après : les enfants connaissent toujours les personnages et le film se laisse très facilement revoir.
 

pixar disney infinity

 

Concernant Pirates des Caraïbes, la dynamique de jeu diffère tellement de tous les autres Play Sets : vous avez les coups d’épée du Capitaine Jack Sparrow, vous avez votre propre navire, vous pouvez faire le tour des différentes îles. Dans l’ensemble, nous recherchions des éléments qui rendaient le gameplay amusant, et les batailles épiques à bord de bateaux pirates appartenaient incontestablement à cette catégorie.
 

Pixar vous a-t-il beaucoup aidé à la conception du jeu ? 

Pixar nous a énormément aidé. John Lasseter s’est impliqué depuis le début et a été le sponsor exécutif de l’intégralité du projet. Les génies de chez Pixar ont été d’une aide précieuse en nous aidant à trouver comment réaliser certains éléments.

Lorsqu’au départ nous nous demandions si ces personnages allaient pouvoir fonctionner ensemble, on nous a demandé d’aller et de faire que cela marche. Comment, par exemple, allions-nous pouvoir faire tenir un Sulli de 3.60 mètres à côté d’un Flèche de 1.20 mètres ? Et le tout tiendrait-il quand même la route et aurait, de fait, un aspect réaliste ? Ce que nous avons trouvé, c’est l’idée de jouets (et c’est de cette manière que nous avons pu avoir ces personnages de tailles si incroyablement variées) : au format jouet, ils [les personnages] ont tous un style artistique uniforme.
 

Le jeu s’arrête là où l’imagination des joueurs se termine. Est-ce que ce fut un challenge pour les développeurs de faire un jeu aux possibilités infinies ?

C’était un challenge et en même temps une chance. Créer ces expériences illimitées est un exercice vraiment difficile, mais Avalanche voulait donner les outils au joueur. Avec notre jeu Toy Story 3, tout tournait autour du plaisir de jouer, mais avec Disney Infinity nous voulions créer un jeu où ce n’était plus nous qui fixions les règles : le joueur pourra le faire.

C’est difficile de créer des mondes immenses et tous ces jouets, mais la solution a été le moteur de rendu Octane qu’Avalanche utilise et perfectionne depuis ces dix dernières années. Ils l’ont amélioré au point de pouvoir créer ce vaste catalogue d’articles permettant au joueur d’élaborer ses propres jeux, concevoir ses propres coffres à jouets et explorer ces mondes ouverts portés par les histoires. C’est vraiment l’aboutissement de dix années de travail.

Bien que cela ait représenté un challenge, ça a aussi été un vrai plaisir, et c’est enthousiasmant de voir ce que les personnes qui jouent au jeu vont imaginer par la suite.
 

“Kinect Heros : une aventure Disney Pixar” est sorti l’année dernière, offrant lui aussi un mélange de films Disney/Pixar associé à un gameplay avec la caméra Kinect de la XBox360. Pensez-vous que cette nouvelle manière de jouer, eux avec Kinect, vous avec les figurines, est une évolution du jeu vidéo ?

Un changement s’opère dans l’industrie, cette façon de jouer permet un degré d’interactivité entre le physique et le numérique. Cela a beaucoup de sens avec Disney Infinity parce que tout tourne autour de jouets virtuels et du fait qu’ils prennent vie au sein du jeu en incarnant ces derniers. Il y a tellement de possibilités.
 


 

C’est rare de voir un jeu vidéo avec un lien dans le monde réel avec ce fameux lecteur, ses figurines et ses power discs. Pourquoi avoir fait ce choix ? N’était-ce pas un pari risqué ?
 

Il y a de cela plusieurs années, John Pleasants est arrivé dans la structure et nous a mis au défi de voir les choses en grand – de “penser plateforme”. Nous sommes repartis et avons commencé à envisager des concepts tels que relier les jouets et l’Infinity Base. Chaque produit constitue une prise de risque, mais tout le monde chez Disney croit tellement en ce projet.
 

Pour le moment il y a plusieurs figurines (Jack Sparrow, Bob et Sulli, Flash…). Envisagez-vous à l’avenir d’agrandir cette capacité avec d’autres personnages Disney/Pixar ?
 

Il va y en avoir d’autres. Nous aurons plus de 30 personnages lorsque tout sera sorti. Je ne veux rien gâcher ceci dit ! Deux autres Play Sets doivent encore être annoncés et ça va être tellement passionnant de voir comment ces derniers vont être accueillis.
 

 Le jeu évolue constamment. Comment voyez-vous l’avenir de “Disney Infinity” ?
 

Ce qui est enthousiasmant, c’est que Disney Infinity est une plateforme. Nous voulons qu’elle serve du contenu, hier, aujourd’hui et demain. Nous pouvons continuer à créer et innover dans le futur.

Disney Infinity a été construit comme une plateforme pouvant exister dix ans et l’Infinity Base a été construite de telle sorte qu’elle restera pérenne et évolutive.
 

pixar disney infinity

 

Merci à John Vignocchi et Cecile Fouques Duparc pour cette interview.